Douleur sur le côté de la hanche ou dans la fesse : tendinopathie glutéale et ischio-jambiers
Tendinopathie glutéale et des ischio-jambiers : éduquer, renforcer progressivement et éviter les positions qui compriment le tendon. Ce que montrent (et ne montrent pas) les études.
En bref
Pour la tendinopathie glutéale, un programme associant explications et exercices a fait mieux qu’une infiltration à 8 semaines. Le conseil clé : éviter les positions qui compriment le tendon. Pour les ischio-jambiers proximaux, aucun essai randomisé : la prise en charge repose sur l’avis d’experts.
Avant de lire
Ce guide ne remplace pas un médecin ni un kinésithérapeute. Il ne pose pas de diagnostic et ne prescrit rien : seul un professionnel de santé qui vous examine peut dire ce que vous avez et adapter les exercices à votre cas.
Une douleur qui dure plus de quelques jours, qui s'aggrave ou qui s'accompagne d'un des signes d'alerte décrits plus bas se fait examiner.
Ce guide résume ce que disent les études et les recommandations cliniques citées en bas de page, pour vous aider à comprendre et à en parler avec votre médecin ou votre kinésithérapeute. Seuls eux peuvent poser un diagnostic et adapter les exercices à votre cas.
Reconnaître la douleur, sans se diagnostiquer
Tendinopathie glutéale : une douleur sur la face externe de la hanche, gênante couché sur le côté ou dans les escaliers.
Ischio-jambiers proximaux : une douleur profonde dans la fesse, en montée ou assis longtemps.
Ce que disent les études sur le renforcement
Dans l’essai LEAP (2018, surtout des femmes de 35 à 70 ans, pas des coureuses), explications et exercices quotidiens sur 8 semaines ont fait mieux qu’une infiltration à 8 semaines, avec une douleur comparable à un an.
Pour les ischio-jambiers proximaux, il n’existe aucun essai randomisé : les recommandations d’experts conseillent une charge progressive et de limiter les positions de compression.
Les exercices
Les dosages ci-dessous sont ceux des études citées : des exemples, à adapter avec un professionnel. Commencez léger, progressez quand l’exercice devient facile et que la règle de la douleur est respectée.
- Au début : pont fessier tenu et abduction contre un mur (isométrique, bassin droit), 4 à 5 × 30 secondes.
- Ensuite : pont fessier 1 jambe, hip thrust, soulevé de terre sur une jambe : 3 × 8 à 12.
- Pour les ischio-jambiers, progressivement : soulevé de terre jambes semi-tendues léger, leg curl.
- En prévention (sans douleur) : la Copenhague pour les adducteurs et le Nordic pour les ischio-jambiers ont réduit les blessures de ces muscles chez des footballeurs.
À éviter le temps que ça se calme : croiser les jambes, se tenir « posé » sur une hanche, les étirements qui ramènent la jambe vers l’intérieur, l’abduction couché sur le côté et le gainage latéral sur le côté douloureux, et les exercices debout sur une jambe au début (glutéale) ; les longues positions assises jambes fléchies (ischio-jambiers).
Et la course pendant ce temps ?
Réduisez les côtes et la vitesse, qui chargent ces tendons, et reprenez progressivement.
Dans Endu, le programme de reprise après blessure applique cette prudence : vous indiquez la zone concernée, et le plan retire le fractionné, les côtes et la vitesse au profit de la course facile et de la marche-course. Chaque séance de renforcement y consacre un bloc à cette zone, isométrique les premières semaines puis plus chargé, avec la règle de la douleur rappelée sous chaque exercice, et laisse de côté les exercices qui la sollicitent mal. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel.
La règle de la douleur : courir et se renforcer sans aggraver
Une règle simple, issue d’un essai sur le tendon d’Achille et largement reprise pour les autres tendons : pendant l’effort, une douleur jusqu’à 5 sur 10 est acceptable ; elle doit être revenue à son niveau habituel le lendemain matin ; et elle ne doit pas augmenter d’une semaine à l’autre.
Si l’une de ces trois conditions n’est pas remplie, on ne s’arrête pas forcément : on réduit la charge (moins long, moins vite, moins de dénivelé, moins de répétitions) jusqu’à les retrouver.
Quand consulter sans attendre
- Une douleur à l’aine, ou une douleur la nuit ou au repos : chez le coureur, une fracture de fatigue du col du fémur est possible.
- De la fièvre, des signes neurologiques (engourdissement, faiblesse).
Reprendre sans brûler les étapes
Le programme de reprise après blessure d’Endu retire le fractionné, les côtes et la vitesse au profit de la course facile, et chaque séance de renforcement consacre un bloc à la zone blessée. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. 14 jours d'essai, annulable à tout moment.
Générer mon planQuestions fréquentes
- Faut-il étirer les fessiers ?
- Pour la tendinopathie glutéale, les étirements qui ramènent la jambe vers l’intérieur peuvent comprimer le tendon : mieux vaut les éviter le temps de la prise en charge.
Pour aller plus loin
Études et références citées, vérifiées le 7 octobre 2026. Les dosages sont ceux des études : des exemples à adapter avec un professionnel de santé.
- Mellor et al., BMJ 2018 — essai LEAP : éducation et exercice contre infiltration
- Grimaldi & Fearon, JOSPT 2015 — tendinopathie glutéale
- Goom et al., JOSPT 2016 — tendinopathie des ischio-jambiers proximaux
- Harøy et al., BJSM 2019 — programme Copenhague et blessures de l’aine, essai randomisé
- Silbernagel et al., 2007 — continuer à courir avec un modèle de suivi de la douleur (tendon d’Achille)